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L'Œuvre du Séminaire de Québec

Du 13 mai 2010 au 15 mai 2015

Téléphone: 418-692-2843

Si vous vous promenez dans le Vieux-Port de Québec et que vous levez les yeux vers la haute ville, inévitablement vous voyez l’une des admirables lanternes du Séminaire de Québec qui, malgré ses 342 ans, n’a rien perdu de sa prestance d’origine. On connaît sa mission religieuse et sa vocation éducative, mais mesure-t-on vraiment l’ampleur de son rôle économique et social dans le développement de la société québécoise? Situé sur le site même du Séminaire, le Musée de l’Amérique française rend hommage à cette institution-phare en présentant l’exposition permanente L’Œuvre du Séminaire de Québec. « Il y a dix ans, le jeune Musée de la civilisation intégrait le plus ancien musée d’histoire au Canada. Une telle intégration enrichissait notre collection nationale et nous héritions d’un patrimoine d’une valeur inestimable. Nous ne pouvions passer sous silence le travail remarquable de tous les prêtres unis et animés par la même volonté de faire du Séminaire de Québec un guide spirituel, une institution d’enseignement d’avant-garde, un acteur majeur du développement de notre société et même un modèle d’organisation pour l’établissement de plusieurs séminaires sur le territoire québécois », a affirmé madame Claire Simard, directrice générale du Musée de la civilisation, lors de l’inauguration. Dans un décor rappelant les longs corridors étroits des résidences religieuses, L’Œuvre du Séminaire de Québec présente 120 objets – et de nombreuses photos anciennes – tirés des riches collections du Séminaire, dont certains n’ont jamais été admirés par le public. C’est le cas de l’immense carte représentant la ville en 1860 qui ornait les murs de la résidence des prêtres, ainsi que l’imposant étalage de clés anciennes et récentes qui permettaient aux prêtres, aux élèves, au personnel du Séminaire de passer d’un bâtiment à l’autre, d’un local à l’autre. Cette zone d’introduction nous fait donc prendre conscience de l’ampleur de ce bijou unique d’architecture historique où se côtoient aujourd’hui élèves du secondaire, universitaires, gens d’Église et visiteurs. Ils sont prêtres... Afin de permettre à la foi catholique et à la langue française de prendre racine et de s’épanouir en Amérique, Mgr François de Laval fonde le Séminaire des missions étrangères de Québec (SME) en 1663. Il dote ainsi l’Église de Nouvelle-France d’un cœur solide où réside une communauté de prêtres qui portent les sacrements et le message de l’Évangile aux colons et aux Autochtones et où sont formés de jeunes gens, issus du pays, en vue du sacerdoce. Sous le régime anglais, le Séminaire de Québec s’impose comme un rempart contre l’invasion religieuse et culturelle anglaise en prenant la relève pédagogique des Jésuites et en continuant de célébrer et de propager la foi catholique tel que permis par la couronne britannique pour le maintien de la paix. Les prêtres du Séminaire célèbrent la grandeur divine avec un certain décorum, comme en témoignent les objets de culte (calice, ciboire, patène, bibles) et les objets personnels (cœur de dévotion, bagues épiscopales et fauteuil d’apparat). Un bel exemple de pérennité se trouve en l’une des plus belles pièces d’orfèvrerie de la collection, le calice dit de Mgr de Laval, fabriqué en France en 1673. ... entrepreneurs, propriétaires terriens Les âmes s’élèvent, mais il faut nourrir les corps! Pour assurer la subsistance de son institution, Mgr de Laval acquiert, en plus du fief de Sault-au-Matelot, la grande seigneurie de Beaupré et l’île d’Orléans, qu’il échange pour l’île Jésus, près de Montréal. Sages gestionnaires, les prêtres du Séminaire font fructifier ce précieux patrimoine territorial qui s’étend de Château-Richer à Baie-Saint-Paul, en passant par Saint-Joachim et Cap-Tourmente. On compte aussi des terres et domaines à Sillery, à la Canardière (devenu Maizerets) et à l’Isle aux Coudres. Sur ses propriétés, le Séminaire construit, entretient des bâtiments, exploite des moulins à farine, des moulins à scie, des pêcheries et des dizaines de fermes. Il fut un temps où 1 800 âmes résidaient sur le site du Séminaire de Québec, tandis qu’en ville et en région s’activaient couturières, cordonniers, ébénistes, sans compter les scieries, les pêcheries, les érablières. La survie d’innombrables travailleurs et de leur famille dépendait de l’institution. Ces activités vont contribuer largement au maintien de la vitalité économique de la ville et de la région lorsque, à la fin du XIXe siècle, la construction navale décline. Pour superviser et coordonner toute cette effervescence administrative, une seule personne : le procureur. C’est à la fois un ministre des Finances, des Travaux publics, de l’Agriculture, des Terres et des Forêts. Il voit à tout, il sait tout. L’importance de sa fonction est révélée par son trousseau de clés, la prestance de son fauteuil ainsi que sa montre dernier cri. ... enseignants, érudits et artistes L’ouverture d’esprit des prêtres du Séminaire de Québec est probablement ce qui caractérise le plus l’institution. Grands pédagogues, passionnés de connaissances, ils croyaient fermement que l’enseignement devait se greffer à la pratique. Voilà pourquoi ils n’hésitaient pas à faire de grands voyages aux États-Unis, en Europe, en Afrique, pour se procurer les meilleurs outils pour diffuser la connaissance. On initie aussi les étudiants à la discussion, aux échanges d’idées ainsi qu’à des activités novatrices, comme le théâtre, le dessin et la fanfare! Il en résulte un immense savoir dont l’aboutissement est la fondation de l’Université Laval en 1852, première université francophone en Amérique du Nord. Ainsi, en formant l’élite cléricale et professionnelle (médecins, avocats, prêtres, politiciens, hommes d’affaires et artistes), le Séminaire de Québec permet aux francophones de se tailler une place dans un contexte social et politique dominé par les anglophones. Circuit familial et projections audiovisuelles Dans chaque zone de l’exposition, des photos d’époque sélectionnées parmi l’imposante collection iconographique présentent le visage humain de l’institution : séminaristes dans les jardins, pensionnaires dans la cour des petits, étudiants dans les laboratoires. On a concocté également un circuit famille afin que les plus jeunes puissent faire le tour avec intérêt et échanger avec leurs parents. Ils devront répondre à des questions identifiées par une clé. Par exemple : « De quoi est fabriqué l’encens utilisé dans les églises? », « On nomme le quartier où se situe le Séminaire le quartier latin. Pourquoi? », « Pouvez-vous nommer les quatre facultés fondatrices de l’Université Laval? » De plus, une vitrine consacrée à la vie d’un étudiant de la fin du XIXe siècle leur permettra de voir combien la vie était différente de celle d’aujourd’hui. Parcourir L’Œuvre du Séminaire de Québec, c’est entrer au cœur du Séminaire de Québec où tout inspire la durée, la solidité, la noblesse et la force tranquille.

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Adresse

  • Musée de l'Amérique Française2, Côte de la Fabrique
    Vieux-Québec