Zoom : Ste-Foy, campus universitaire

Zoom : Ste-Foy, campus universitaire

Par Heloïse Leclerc

18 Novembre 2015

Si l’Université Laval était une municipalité, sa population se classerait au 18e rang de la province. En ajoutant à cela celle du Cégep Ste-Foy, 70 000 personnes transitent quotidiennement dans le secteur, soit autant qu’à Drummondville! De nombreux entrepreneurs s’y établissent dans l’espoir d’y brasser de bonnes affaires. On a demandé à des étudiants de nous dire ce qu’ils pensent de leur offre. Leurs réponses vont vous surprendre!

Sur toutes les lèvres

Les étudiants de Laval ont clairement leurs chouchous : juste en face sur le Chemin Ste-Foy, Boston Pizza et sa terrasse, ainsi que le Pub X avec son ambiance décontractée, se sont fait de nombreux fans. Tandis que Planète Poutine et Frit’s s’occupent des grosses fringales post-examen, Sushi Shop et Yuzu sustentent ceux et celles qui recherchent l’équilibre… Ajoutez à ça quelques emplettes au Dollorama et à La Librairie La Liberté, vous avez là un petit portrait des habitudes de consommation de l’étudiant local. Mais pas que.

En autarcie

Justine Gagnon, une étudiante au bac en communications, a vécu pendant deux ans dans les résidences étudiantes avant de trouver un appartement pour terminer ses études. On pourrait donc croire que le quartier n’a plus de secrets pour elle, pourtant, ce n’est pas le cas. « J’allais surtout au dépanneur, au Pub de l’Uni, dans les couloirs… Si je sortais, c’était pour aller travailler ou à l’épicerie et parfois, au Second Cup. Stationner une voiture sur le campus coûte cher, mais comme c’est très grand, s’y déplacer prend un temps fou, donc on finit par rester à l’intérieur. »

Focus : réussite scolaire

Kim Fournier, une autre étudiante du même programme, vit elle aussi à Ste-Foy… chez ses parents. Si elle admet se rendre au Pub ou au Starbucks une fois de temps en temps, elle explore peu son campus et ses parages. Sitôt ses cours terminés, elle fonce vers la maison. « J’aime mieux étudier chez moi, je suis plus concentrée. »

Stéréotypes étudiants

Étudiante en sciences de la consommation, Pascale Grenier-Savard gravite dans le secteur depuis 8 ans et elle ne mâche pas ses mots : « Du côté des épiceries, ça fait un peu dur, comme si les promoteurs pensaient que les étudiants mangent juste de la soupe en canne. Pourtant, on cherche des produits locaux, même si on a un budget limité. » Pour y parvenir, elle se tourne vers les Halles Ste-Foy, où des commerces (comme Aux petits délices et Papilles Espace saveurs) ou des restos (comme Général Tao et Pizz’art) courtisent les gourmets. 

Et l’offre internationale?                                                                                                                                             

L’Université Laval accueille 6600 étudiants étrangers chaque année. Hervé, un étudiant camerounais au BAC en géomatique, est l’un d’entre eux. S’il apprécie les gros centres commerciaux pour les achats courants, il note cependant : « Mes habitudes alimentaires sont propres à mon origine et c’est presque impossible pour moi d’acheter des aliments que j’aime. »

S’éloigner pour « sortir »

Patricia Bernard complète sa maîtrise en administration. « J’ai choisi de vivre à Ste-Foy car le quartier répond bien à mes besoins. S’il m’arrive d’aller au Temps Perdu pour les 5 à 7, je préfère sortir sur Cartier, car le secteur est moins étudiant, donc l’offre, plus sophistiquée. » Marc Payne, en génie des matériaux, abonde dans le même sens : « Je travaille à la Pyramide, mais si je sors, je vais plus aller sur Grande-Allée ou dans une boîte de chansonniers. » Idem pour Camille Pépin, doctorante en psychologie. Elle va au Clap ou au Hot Yoga à la Pyramide, cependant, elle penche davantage vers le centre-ville pour faire la fête.

Convertir l'étudiant en client 

Créer un pont entre la clientèle du campus et les entreprises du secteur représente un défi et nul ne le sait mieux que le Groupe GCS, gestionnaire de la célèbre Pyramide de Ste-Foy. Habituée à se réinventer,  elle a procédé en mai 2015 à un nouvel investissement de 5 millions de dollars afin d’aménager une « Zone Bouffe » accueillante et lumineuse, un milieu de vie dont les principaux bénéficiaires sont les étudiants.

Pour transformer l’étudiant en consommateur, les entreprises doivent être, plus que jamais, à l’affût de leurs valeurs et de leurs aspirations. Ce principe semble avoir été bien intégré par Le Shaker, qui a balayé le Star Bar avec un concept tendance assorti d’un décor spectaculaire. Au menu, tartares et burgers gourmets donnent la réplique aux créations du mixologue Marc-André Fillion, un véritable coup de circuit. 

L’avenue Myrand accueillera prochainement un joueur majeur, la chaîne montréalaise L’gros luxe, qui proposera ses assiettes gourmandes au flair international… à bas prix. « Avec beaucoup d’options végétariennes ! », souligne Kristina Michaud, qui attend avec impatience son ouverture en planchant sur son programme en études internationales et langues modernes. 

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