Bricoler les émotions du quotidien : Entrevue Avec Zoé Boivin :

[current-page:url:path]

Bricoler les émotions du quotidien : Entrevue Avec Zoé Boivin :

Par Katia Curadeau

9 Mars 2017

Quelles sont vos inspirations ?

Je m’inspire principalement des émotions que je vis au quotidien. Je prends toujours le temps de me replonger dans une certaine période de ma vie pour bien capter le feeling que j’avais à ce moment-là. Afin de bien transmettre l’émotion sur mes toiles, je m’inspire de la musique que j’écoute durant mon processus créatif (Milk n Bone, Laurence Nerbonne , La Bronze par exemple, que j’écoute dans le tapis), de petits objets hétéroclites comme des figurines d’animaux qui sont posés un peu partout dans mon studio, d’images de femmes fortes ou d’icônes de mode qui sont posées sur mes murs, et plusieurs autres. Mon travail dans le domaine médiatique contribue aussi à mes inspirations actuelles. Aussi, j’aime bien me replonger dans les expériences que j’ai vécues en tournage ou en séance photo, car ce sont des moments spéciaux dans lesquels je suis immergée dans une autre réalité.

Qui sont vos idoles dans le domaine et pourquoi ?

Corno est une de mes idoles. Elle a su s’imposer à New York à l’époque où le domaine de l’art était majoritairement contrôlé par les hommes. C’est sa drive, sa persistance, qui lui ont permis de percer. À chaque étape de mon parcours que ce soit par rapport aux défis que je rencontre ou à mon processus créatif, je m’inspire d’elle. Ma conviction que les artistes visuels du Québec ont le potentiel de faire rayonner la province à travers le monde vient, entre autres, de là.  Je me base aussi sur le travail d’Élisabetta Fantone, autant au niveau du choix de ses thèmes que de ses couleurs. Je sens que nous avons des inspirations similaires même si nos créations sont différentes, j’ai l’impression de comprendre son parcours d’artiste. Pour terminer, mon amie et mentor Chloé Sabourin a une grande influence sur mon travail à cause de sa sensibilité et son côté minimaliste qui me parlent beaucoup.

Nommez un endroit dans le monde ou vous aimeriez exposer vos œuvres…

Je n’ai pas peur des clichés, New York et Paris sont assurément des objectifs à long terme pour moi. Ce n’est pas pour rien que ces villes sont considérées comme les pivots occidentaux de l’art. Le fait de pouvoir y être exposée serait pour moi une grande fierté. Sinon, lors de mon passage au festival South by South West l’an dernier au Texas, je suis tombé en amour avec la ville d’Austin, d’ailleurs surnommé hipster craze. J’ai adoré l’ambiance funky et artistique des petites galeries que j’ai eu la chance de visiter.

Nommez une de vos œuvres qui a une grande importance pour vous. 

La pièce MAUDE, de ma plus récente série, me parle véritablement beaucoup. Je suis fière de la façon dont je l’ai réalisée et j’aime comment elle exprime facilement le côté doux et féminin de ma personne. Si je devais la décrire en un seul concept, je dirais qu’elle me fait penser à un rêve. D’un point de vue technique, MAUDE est issue d’une première expérimentation avec l’aquarelle. J’ai depuis continué à intégrer cette matière dans mes tableaux, ce qui en fait une œuvre pivot dans mon cheminement.

Si vous n’aviez aucune limite de budget et d’espace pour créer une œuvre, quel serait votre projet de rêve ? 

J’aimerais beaucoup faire une œuvre d’installation, voir même de performance. C’est un médium artistique qui m’intéresse beaucoup, et j’admire les artistes qui osent se lancer dans ce type d’art. Transmettre une émotion dans un tableau est une chose, mais quand on parle de la transmettre à travers des personnes, lieux, objets ou différents types de technologies, c’est un autre degré de complexité. Ce serait un défi intéressant que j’aimerais explorer dans ma carrière d’artiste visuelle.  Je tente d’élargir mes horizons créatifs en expérimentant avec d’autres médiums comme la photographie et la direction artistique. La technique est différente, mais le processus créatif et les inspirations sont relativement semblables, ce qui est inné chez moi.  

Où peut-on se procurer vos œuvres ?

Sur mon site web www.zoeboivin.com ainsi que sur ma page Facebook https://www.facebook.com/zoeboivinstudio

____________________________________________

crédit photo à la une : Laurence Cheveux Courts 

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Google +
  • Instagram
  • Vimeo